Sunday, June 09, 2002

Fiction: la fameuse histoire d'André


Excuse-moi si mon récit est un peu long.  Ça commence avec cette fameuse histoire d’André. 

Depuis que je le connaissais, André n’a jamais montré une prédilection si étrange que celle qu’il m’expliquait ce jour là.  J’ai toujours cru que je le connaissais mieux que tout autre, mais me voilà surpris.  Cependant, qui connaît vraiment les fantaisies les plus intimes – les plus gênantes – de ses proches?  Sûrement, je n’ai jamais dit un seul mot à propos de mes propres fantaisies les plus sauvages, alors comment reprocher la même discrétion chez André?

En tout cas, ceci n’est pas arrivé tout d’un coup.  Ce n’était quand même pas moins surprenant de découvrir son secret, manifesté si innocemment ces premiers jours.  À qui aurait pu nuire ses petits caprices, quand ils le rendaient si content?  S’il n’y avait pas sa jolie amie derrière cela, j’aurais été peut-être inquiet, mais au moins il prétendait qu’il accordait tout simplement ses désirs à elle. 

Comme vous savez déjà, c’est devenu bien plus sérieux maintenant.  Je crains même que le récit de ses expériences m’ont déjà corrompu, et que je finirai comme lui.  Je veux bien espérer que non, mais vous verrez vous même une fois que j’aurai fini mon histoire, que ce pauvre diable s’est trouvé une liberté enviable.

Bon.  Je commence au début. 

Personne ne savait rien de cette affaire avant quatre ou cinq mois après qu’il s’établisse comme couple avec Brigitte.  Ils étaient si contents ensemble, qu’ils nous rendions tous malades.  C’est à dire, tout notre petit groupe d’amis.  Nous étions contents pour lui, mais en même temps, nous ne sommes plus adolescents.  Nous avions tous appris de ne jamais se laisser emporter si profondément par une femme.  Elles aussi ont appris la même leçon.  À notre âge, on a épuisé nos naïves attentes sur l’amour.

Enfin, après quelques semaines de ne l’avoir vu qu’avec elle, sans moyen d’y en parler d’homme à homme, il me révèle tout une soirée que nous étions seuls à jaser.  Toujours content, avec un air rêveur, il me raconte comment bien il s’entend avec elle, que tout va incroyablement bien,  et qu’il ne peut pas s’imaginer sans elle.  Je lui demande des détails que seulement des amis proches comme nous peuvent discuter, c’est à dire, comment elle est au lit.  C’est là qu’il a montré la seule indication de doute à propos de cette affaire.  Je crains lui avoir mal conseillé. 

Comment, me demandait-il, roulant le fond de son verre contre le comptoir sans me regarder des yeux, agirais-tu si ta blonde voulait que tu portes ses culottes? 

J’ai ri.  Cette question m’a tellement éblouit, il faut l’admettre, que je ne pouvais pas contenir ma réaction.  Comment, je lui dis, c’est pas toi qui porte les pantalons dans cette relation-là?

–Arrête-donc, me dit-il.  Comme tu vois, elle commande beaucoup de mon attention, mais c’est toujours moi qui suis en charge.

–Mais comment ça ce fait qu’elle veut que tu portes ses culottes?

–Eh bien, c’est seulement pour jouer.  Tu devrais voir comment sa lui plaît!

—Comme ça, tu les portes, ses culottes?

—Tu ferais pas la même chose, à ma place?

Je ne savais pas quoi répondre.  Voilà une question philosophique que, en général, les hommes se posent constamment.  On se demande toujours comment loin on irait pour plaire à nos femmes.  Il y a toujours des limites.  C’est seulement in situ qu’on fait l’épreuve, tant qu’à y penser d’avance.  C’est seulement là que l’on découvre ou finit notre amour, et ou commence notre fiereté.  Pour André, c’était, comme toujours, un cas singulier que nul autre homme n’aurait pu résoudre sans énorme difficulté.

—Je suppose, lui dis-je enfin, que ça dépend combien je l’aime, et combien son petit caprice me dégoûte.

—Je l’admets, j’ai trouvé cela bien curieux quand elle me l’a demandé la première fois.  Nous étions empassionnés, et dans l’ardeur du moment, je l’ai obéi.  Sa passion après ça c’est redoublée.  Je ne l’avais jamais vue si sauvage, si folle de désir.

—Et puis ça c’est répété?

—Ça devient de plus en plus commun.  C’est vraiment une fille différente quand je le fais.

—L’as-tu déjà refusé?

—Comment je peux lui refuser?  C’est le meilleur sexe que j’aie jamais eu!

—Mais toi, ça te donne pas honte?  Christ!  T’es pas supposé de t’abaisser comme ça!

—Ça me dérange pas.

—Comment, ça te déranges pas!  Es-tu malade?

—Dis donc, pourquoi ça devrait me déranger?

—Bien, premièrement, tu t’esclaves à elle si tu accède à tout ce qu’elle te demande.

—C’est pas vrai.  Il y a bien des choses que je refuse.  C’est toujours moi qui porte les pantalons, comme tu disais.

—Mais tu t’enlèves ton autorité masculine en portant ses culottes.  En effet, ça ne sera pas longtemps avant que tu commences à porter des jupes si tu continues comme ça.

—Voyons donc!

—C’est sérieux!

—Me penses-tu vraiment si faible?  Je te dis que c’est toujours moi qui dirige, au lit ou ailleurs.

—Tu ne penses pas qu’elle fait seulement commencer de te controller?  On ne te voit plus souvent…

—Si tu pouvais seulement savoir comment éblouissant, comment spectaculaire est notre amour quand je porte ses culottes, tu comprendrais!

—Alors tu aimes ça!

André rougit.  Et puis? répond-t-il.

—Ha ha!  Tu aimes porter ses culottes!

—C’est seulement parce que ça la rend folle!  Ça me fait de telles associations dans ma tête, que je ne pourrais même pas commencer de t’expliquer.

—Bon, je fais juste te taquiner.

—Et toi, le ferais-tu?  Imagine-toi avec ta femme idéale, et que tout ce que tu devais faire pour la posséder entièrement du corps et de l’esprit, serait de porter ses culottes.  Ne le ferais-tu pas?

Et puis la question demeure là.  Est-ce aussi sérieux de porter des culottes de fille que je le pensais?  Surtout dans les circonstances décrites par André?  Pour un tel paradis, n’est-ce pas un sacrifice assez insignifiant?  Pourquoi c’est si honteux pour un homme de porter des culottes de fille?  Mon instinct me dit, me cri toujours que c’est une affreuse trahison de sa masculinité, mais pourquoi?  Et puis si on le fait pour gagner l’amour d’une femme, n’est-ce pas une excellente affirmation de sa masculinité?  Mais comment peut-on affirmer sa masculinité en s’habillant en femme?  Voilà le paradoxe.  Pour moi, c’était une situation impossible.

André alors disparut du bar pour plusieurs autres semaines, toujours avec sa précieuse Brigitte.  Leur relation ne s’étaignait pas du tout.  En même temps, je ne pouvais pas éviter de penser à son étrange position.  Notre joli paradoxe n’était jamais loin de mes pensées.  Quand je le voyais, il changeait de mesure à mesure, d’une façon que je ne pouvais pas expliquer, mais que je comprends complètement à cette heure. 

C’était la fin d’avril, et la saison de hockey s’était terminée à peine deux semaines avant.  Il était temps de s’abonner à la saison d’été, mais André n’y avait pas encore commit.  La première partie aurait lieu au début de mai, et il risquait de la manquer, alors je lui ai payé une petite visite.  De plus, je m’inquiétais de lui.  C’est un règlement suprême parmi les hommes que les femmes ne sont jamais acceptées comme excuse pour manquer une partie.  Comme il était si prit de Brigitte, j’avais peur qu’il perdait ses priorités.

Comme de raison, il n’était pas content de me voir, sachant que je lui gronderais pour avoir trahi son équipe.  Mais ce qui avait de pire, c’était qu’il répondit la porte en pantalons courts, ses jambes, antérieurement les plus poilues que j’ai jamais vues, rasées nues comme celles d’une femme. 

Il a vu immédiatement ce que je regardais, et me méfiait.

—Bon, je lui dis, c’est clair que tu ne veux plus jouer au hockey.

—C’est vrai.

—C’est Brigitte qui te fait raser les jambes?

—Pas tout à fait.  C’était mon idée.

—Mais pourquoi alors?

—J’aime mieux ça.

Cela me suffit pour ce sujet.  J’ai du pâlir comme un malade.  Je crois que ma visite l’a surprit, car il me semblait mal à l’aise.  Je croyais voir un soutien-gorge dessous sa chemise blanche.  Avant que je puisse me composer, Brigitte apparût à la porte, me saluant chaleureusement.  Elle me jasait aimablement de rien du tout, tout en remuant sa main sur les hanches d’André.  Elle passait son doigt le long de sa ceinture, exposant la dentelle féminine de ses culottes sur les flancs de son amant.  Elle n’a jamais perdu le train de la conversation, ni le contact de ses yeux avec les miens.  André ne l’arrêtait pas.  Brigitte me souhaitait bonne chance pour la saison de hockey, et je suis parti ébloui par cet étrange spectacle.

Même mes inquiètudes ne m’avaient pas préparées pour cela.  J’essayais d’imaginer comment il pourrait laisser Brigitte l’humilier devant moi.  Justement, le lendemain, il me visitais pour tout m’expliquer. 

—Alors ça va toujours plus loin, ton affaire?

—Je veux que tu me comprennes.

—André, comment peux-tu la laisser te contrôler comme ça?

—Ce n’est pas elle qui contrôle.  La vérité, c’est que j’adore porter ses vêtements.

—Quoi?

—Oui, tu m’entends bien!  J’adore porter ses vêtements!

—Ça te donne une joie sexuelle de te mêler dans ses affaires?

—À vrai dire, ce n’est pas strictement ses vêtements, mais n’importe quoi de féminin.

—Tu n’est pas sérieux!

—Absolument!

—Qu’est-ce qu’elle t’a fait, la maudite!

—Rien du tout!  Elle m’a seulement introduit une idée, et c’est quelque chose qui m’est terriblement agréable. 

—Et les jambes rasées?

—Tiens, dit-il en levant sa chemise, ce n’est pas seulement mes jambes.  Je trouves que ça paraît tellement plus beau sans poils nulle part.

—Encore le soutien!

—Toujours un soutien!

—Seulement, je te prie de ne pas me montrer tes culottes…

—Elles vont si bien avec mon soutien!

—Assez, assez!  Maintenant, ce n’est plus seulement pour plaire à Brigitte?

—Non, c’est devenu mon caprice aussi.

—Tu ne trouves pas que c’est allé trop loin?

—Ça fait juste commencer!  C’est ça qui il y a de meilleur!

—Mais avant tu me disais que tu faisais ça parce que to bénéficiais de son extase.  Et maintenant, te voilà féminisé, sans même qu’elle soit là.  Qu’est-ce qui est arrivé?

—C’est bien simple : elle aimait tellement ça que c’était devenu un rituel chaque fois qu’on faisait l’amour.  Enfin, je me trouvais dans son garde robe à planifier ce que je porterais pour elle, quand j’ai réalisé que ça me plaisait autant qu’elle. 

—Mais qu’est-ce qui te plait là-dedans?  N’as tu pas peur de te corrompre la masculinité?  Quel sorte d’homme es-tu devenu?

—Dis-moi, Robert, comment je pourrais me corrompre avec les vêtements de ma bien-aimée?  J’adore tellement sa féminité, j’adore tellement ses vêtements, que ça me semble être le plus honnête acte d’amour de les porter pour l’imiter.

—Mais comment pourra-t-elle t’aimer si tu n’es plus masculin?

—Elle apprécie mon imitation.  N’oublie pas que c’est elle qui a initié tout cela.

—Alors c’est elle qui contrôle!

—Je m’en fous!  D’ailleurs, comme je t’ai dit hier, c’est moi qui a eu l’idée de me raser.  Même elle est surprise de ma dévotion pour elle.

—Comment loin veux-tu aller avec ça?

—Aussi loin que sa me plait.

—Qu’est-ce qui arrive si elle te lâche?

—Elle ne me lâchera jamais.

—Voyons!  Sûrement elle ne veut pas sortir avec un homme plus féminin qu’elle!

—On verra!

—À part de nous trois, qui sait?

—Personne.

—Le dirai vous aux autres?

André hésitait. 

—Je ne pense pas.

—Et si moi je leur dis?

—Non!  Dis rien!

—Mais alors pourquoi viens-tu ici me montrer cette maladie la si fièrement, si tu ne veux pas que tout le monde le sache?

—Tu es mon meilleur ami!  En plus, tu le savais déjà.

—Les autres ne soupçonnent rien?

—Je ne pense pas.

Même s’il ne pensait pas, tout le monde se demandait qu’est-ce que Brigitte lui faisait, et remarquait qu’il semblait si bizarre.  Pas deux mois après notre conversation, et il ne restait pas de doute.  Il s’habillait de plus en plus féminin, jusqu’au point qu’il sortait avec Brigitte en jolie robe d’été.  Ses cheveux avaient assez allongé qu’il les coiffait comme une femme.  Il ne cachait plus rien.  On me dit qu’ils sont allés à la plage ensemble, et portaient tous les deux le même maillot de bain.  C’est peut-être des bêtises, mais ça ne me semble pas impossible.

Malgré ses efforts pour l’imiter, Brigitte s’est tannée enfin de lui, et l’a lâché.  Mais André a prit cet échec avec grâce.  On pourrait même dire qu’il ne s’en faisais pas.  Il continuait de porter ses vêtements féminins, et continuait même de devenir une femme.

—Oh, que je me sens belle!  Disait-il.  Ou elle.  C’était devenu difficile à décider quel genre utiliser en parlant de lui.  Elle. 

Maintenant nous sommes tous habitués, et de plus, il est presque prêt pour entreprendre sa chirurgie finale.  C’est bien vrai qu’elle est belle.



—Cependant, cela n’explique pas votre propre état…

Ah, oui!  C’est vrai que c’était autre chose que je devais vous raconter.  Eh bien, ne voyez vous pas comment j’ai commencé moi-même? 

Eh bien, moi, je n’ai pas excuses.  Andrée avait commencé parce qu’elle croyait plaire à sa blonde.  Mais moi, je n’avais pas de blonde.  C’est encore pire pour moi.  C’est tout simplement qu’il m’a piqué la curiosité. 

J’étais possédé de cette fantaisie du moment ou il me l’ait racontée.  Mais moi, je n’avais pas de fille de qui empreunter les culottes.  Je l’entendais parler, je l’imaginais avec elle, je m’imaginais à sa place.  Je me demandais si c’était vraiment possible de s’endommager la masculinité en portant des culottes de fille.  Ah, que j’étais curieuse!  Je voulais me tester, je voulais prouver que je pourrais passer l’épreuve!  Je voulais me préparer pour le cas ou je serais à la place d’André.  Ce sont tous des mensonges.  Je voulais seulement découvrir mon propre féminin.  Il n’y a autre raison.

Alors j’ai commencé par m’acheter un ensemble de lingerie, en faisant semblant que c’était pour l’anniversaire de ma blonde imaginaire.  Et je l’ai porté.  Souvent.  Je m’haïssais.  Mais avec André qui découvrait tous les jours quelque chose de plus féminin, je ne pouvais pas m’empêcher.  Quand j’ai découvert qu’il se rasais, je ne pouvais plus le suivre sans m’exposer à tout le monde comme lui.  Je le voulais tellement, mais je n’avais pas son courage.  Je n’étais pas du tout jalouse quand j’ai entendu l’histoire de la plage.  Je possédais déjà mon propre maillot féminin, ainsi qu’un bikini, tous deux que je portais plus souvent même que des culottes.


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